Un mot de travers ///4

Publié le par Semeuse

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Leur projet avait mûri doucement, partant du constat que les artistes étaient de plus en plus égocentrés et tournés vers une rentabilité, pour les quatre amis, incompatible avec l'éthique artistique.

Ils avaient souvent évoqué les travaux d'atelier tels qu'ils se pratiquaient aux siècles passés. Les conditions matérielles difficiles rendaient l'amitié et la collaboration entre artistes nécessaires, pour ne serait-ce que survivre.

Depuis longtemps déjà, Gilles et Inès partageaient, pour le meilleur et pour le pire, une vie entièrement tournée sur la création. C'est grâce à Magda, l'aînée de la troupe, qu'ils avaient rencontré Sergei, au détour d'une exposition que celle-ci avait mis sur pied, réunissant les quelques peintres, graveurs, sculpteurs, dessinateurs,  dont elle admirait sincèrement le travail.

Magda était la moins professionnelle d'eux tous. Venue à la peinture aux alentours de ses quarante ans, elle n'avait pas suivi d'études, et avait eu une vie bien remplie de mère de famille rangée avant de tout envoyer en l'air quand les enfants avaient grandi, et de partir dans un voyage initiatique sur le tard. Léo était alors déjà son compagnon, et tel le "go and see, my love" célèbre du film "Le grand bleu", il avait encouragé Magda à réaliser son rêve. Une année de voyage solitaire avait entraîné Magda aux confins de l'Inde, dont elle était revenue en rapatriement sanitaire atteinte d'une infection pulmonaire qui allait lui coûter l'un de ses poumons.

Régulièrement, au cours de ses étapes, elle envoyait par la poste à Léo des échantillons de pigments et de gomme d'arbres qu'elle collectionnait. Dés sa convalescence, elle avait mis sur pied d'abord dans la cuisine, puis dans un appentis de la maison, une espèce de laboratoire où elle écrasait, pilait, martyrisait les différentes poudres rapportées de son périple et testait ses pigments maison sur des morceaux de toile ou de papier.

Elle avait aussi rapporté outre des centaines de photos, des dizaines de cahiers de croquis eux aussi envoyés régulièrement à Léo, qui pouvait ainsi suivre de loin les découvertes de la femme qu'il aimait.

Les photos remplissaient des albums alignés sur une bibliothèque du salon devenu lui aussi peu à peu atelier, et les croquis étaient devenus des toiles que Magda avait d'abord timidement exposées dans des petits salons régionaux.

C'est ainsi qu'elle avait rencontré Inès et Gilles. Les deux jeunes gens l'avaient intéressée par la sincérité qui se dégageait de leurs travaux. Inès, dessinatrice participait régulièrement aux concours organisés par les municipalités, et plus d'une fois, Magda s'était étonnée que les jurys ne lui attribuent aucun prix, alors que ses œuvres dépassaient souvent largement en qualité les autres tableaux présentés.

S'étant renseignée sur la composition des jurys, l'historique des salons, Magda s'était vite rendu compte que le copinage et les susceptibilités électorales entraient pour beaucoup dans nombre des attributions abusives. il y avait indubitablement des alliances souterraines et des remerciements pour services rendus dans toute cette pagaille pseudo artistique. Quelques "épouses de" personnalités étaient même des abonnées aux honneurs!

Quelques clans régnaient sur ces sphères fort convoitées et pour les artistes sans entregent, le talent ne suffisait pas, dans ces sphères là, du moins, à enfoncer les portes.

Qu'à cela ne tienne,  Magda, encore toute remplie de la belle énergie que son voyage lui avait procurée, décida de monter sa propre exposition. Aidée de Léo, elle trouva une salle pas trop excentrée qui servait plus d'ordinaire aux consortiums d'entreprise qu'aux salons de peinture, et invita, en les triant sur le volet, une dizaine d'artistes, travaillant à l'ancienne ou frais émoulus des écoles de graphisme ou d'arts appliqués.

Sa démarche avait eu cela d'original qu'elle avait tenu à visiter les artistes chez eux, comme l'aurait fait une galeriste chevronnée pour les voir travailler en direct ou du moins tenter de les connaître un peu mieux. Quelques uns s'offusquèrent de sa démarche, lui contestant toute légitimité, ce qu'elle ne nia pas, arguant de sa seule passion. Gilles et Inès, quant à eux,  lui ouvrirent grandes les portes de leur maison-atelier.

Magda s'y sentit tout de suite à son aise, les deux jeunes gens partageaient le grand lit sans ambiguïté qui occupait à lui seul une bonne partie de l'entrée carrée. Une cuisine assez spartiate l'avait accueillie dans la bonne odeur d'un cake maison. Ils n'avaient pas parlé peinture tout de go, mais à travers les échanges de questions étaient allés à l'essentiel en ce qui concernait leurs parcours humains.

Inès avait son atelier dans un petit garage en dehors de la maison où l'hiver il devait faire bien froid malgré un petit radiateur électrique. Quant à Gilles, il s'était montré plus farouche, et Magda avait dû prendre son mal en patience avant d'être invitée, à sa troisième ou quatrième visite, à entrer dans le saint des saints!

La suite ICI.




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Publié dans Mini fiction

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P
<br /> j'en veux encore,c'est trop bon !<br /> <br /> <br />
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S
<br /> T'inquiète, tu l'auras. <br /> <br /> <br />
A
<br /> En fait, nous lisons un feuilleton. J'essayais d'expliquer à mon fils comme, du temps de ma grand mère, on aimait les feuilletons. Nous n'avons pas de télé et les séries ne me semblent pas tout à<br /> fait pareilles, si? C'est tout un art de savoir priver le lecteur...Ah! le froid, le brouillard...Je n'ose pas écrire que j'en rêve.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> mdr...<br /> <br /> <br />
S
<br /> Bonjour<br /> Encore bien des mouvements, des odeurs, des pensées intérieures. Des sentiments pas toujours dévoilés. Nous allons voir, ce que nous allons voir maintenant qu'elle possède une salle pour ensuite se<br /> lancer dans les exposition de ses oeuvres...<br /> Bonne journée<br /> Sonia<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Merci Sonja d'aimer mes personnages !! <br /> <br /> Ils m'accompagnent partout.<br /> <br /> <br />
C
<br /> justesse du ton qui dépeint agréablement cet univers...belle journée Semeuse...<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Ca ne se passe heureusement pas partout comme ça...Mais une chose est sûre: rien n'est facile.<br /> <br /> <br />
R
<br /> Moi... ça me plait énormément...<br /> J'ai tout relu du coup..  surtout que pour ce que tu dis sur les artistes peintres, je peux t'assurer que dans<br /> le milieu littéraire c'est la même chose...<br /> <br /> A bientôt  <br /> <br /> <br />
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S
<br /> Ah merde, moi qui pensais qu'il y avait encore une enclave de bon sens... encore une illusion qui s'écroule...<br /> <br /> <br />