Scribouillarde
Je voudrais une écriture qui coule qui glisse qui lie qui bouscule et qui lisse
Une écriture comme un calice un réceptacle une balise un écrin
La main posée sur la tienne qui bat qui frémit vibre émousse les fibres creuses du temps
Une écriture comme une greffe une colle un clou comme de la boue séchée sur une plaie
Une musique épaisse envelloppante recouvrant la poussière et l'ennui
Un fil un filin une filière à suivre précéder engloutir dans un gouffre
Une claque
Un espace un recoin une grotte un pli une anfractuosité amorale et ignorée
Une vie comme un ruban qui flotte par la fenêtre et le vent le souffle qu'il faut pour la tirer
Jusqu'au bout un atout un rêve un fanion une réalité qui n'est pas vraie
Une panade un flan non panacotta une gourmandise tentant les reclus les moines
Un cerf-volant entre deux eaux qui tient mon cou au-dessus des vagues
Une faculté un cinquante cinquante gagnant gagnant un optimisme
Une cale un bout un festival un quotidien gravé dans le sable des crêpes mangées
Une légéreté un motoculteur une histoire qui te doit combien?
Laisse, laisse, c'est pour moi.
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