La lettre d'une tite Marguerite
"Plongé dans mes pensées, regardant les nuages, mon cerveau, comme toujours, vagabonde...."
Après la pluie, le beau temps,
Après l'hiver le printemps,
Après les larmes...
Quoi, quel après ?
Je ne sais plus très bien comment j'étais « avant »
Avant quoi ?
Rien, je ne me souviens de rien.
Quelle enfant j'ai été,
Pour arriver où et faire quoi ?
Quels rêves réalisés ,
Pour combien de souffrance,
Combien d'amis perdus
Qui ne reviendront plus.
Combien de trahisons,
Pour tant d'amour donné,
Et les douleurs,
Celles du cœur,
Celles de l'âme,
Tous ces morceaux de vie sans envie,
Tous ces moments gâchés,
Est-ce que ça valait la peine ?
Je me suis perdu en chemin,
J'ai oublié qui j'étais,
Qui je voulais être,
Qui je pouvais être.
J'ai fait ce que j'ai pu,
Avec ce que j'avais,
Mais était-ce suffisant ?
J'aurai pu faire mieux,
Tu sais comme à l'école.
Et puis la lassitude,
Cruelle, mortelle lassitude,
Celle qui te pourrit les jours ensoleillés,
Ce mortel ennui,
Ce mortel ennemi,
Cette fougue, où est-elle ?
Des moments gais,
Des moments tristes,
Les angoisses des nuits sans sommeil,
A me faire du soucis, pour toi, pour eux.
Jamais pour moi.
Je déteste être seul,
Et pourtant la solitude est mon amie,
Elle me paraît si douce, tellement plus simple.
Comme je suis bien, là, allongé,
Plongé dans mes pensées,
Elle n'appartiennent qu'à moi.
N'est-ce pas une forme de bonheur,
Que ce monde intérieur ?
Il fait beau, l'herbe est douce
Qu'importe le reste,
Je ne fais plus qu'un avec la nature,
Elle m'enveloppe tel un manteau,
Elle me prend dans ses bras,
Elle m'accepte, tel que je suis,
Sans conditions,
Et si je prenais racine ?...
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