Ecrire...
Un jour, j'ai lu l'article d'un critique littéraire qui disait en avoir marre de voir arriver tous les ans sur les tables des libraires les mêmes romans autobiographiques plus ou moins reconnus comme tels, des unes et des autres...Toutes ces femmes qui ne savent parler que d'elles, de leur féminitude, de leurs petites angoisses persos, de leurs règles et de leur utérus étalés sur la place publique...Oui, oui, pendant un instant, je me suis dit "il a raison le bougre", c'est insane à la fin, c'est insupportable ce narcissisme nourricier...
"Je me suis couchée par terre en Afrique là-bas quand ce grand type si doux est entré avec sa mitraillette et a menacé ma famille ..J'ai prié, j'ai essayé de crier, j'ai mordu la poussière quand il a tué Saîda si jeune si belle ...
La terre battue a bu son sang, elle est tombée de travers sur le corps de ma soeur, son corps s'est débattu encore un peu des minutes des heures d'impuissance à la regarder mourir sans rien faire rien dire..."
Oui, je peux écrire des cauchemars d'une autre vie, je peux crier pour ceux qui souffrent, je peux.
Ces grands types cravatés, à l'abri derrière leur carrière peuvent bien cracher leur bile.
Je ne savais pas que lorsqu'on écrit, la boue se retourne en nous, que l'on mente ou que l'on dise vrai, tout secoue.
Je ne sais pas si ce métier est pour moi, chaque jour je me sens si à l'envers de tout.
Me détruire pour construire, j'ai toujours fait ça...
Cette énergie qui vient du bout du bout, du bout de tout.
Est- ce qu'elle me tiendra encore longtemps debout ?
Photo de Sylvain Lagarde
"Je me suis couchée par terre en Afrique là-bas quand ce grand type si doux est entré avec sa mitraillette et a menacé ma famille ..J'ai prié, j'ai essayé de crier, j'ai mordu la poussière quand il a tué Saîda si jeune si belle ...
La terre battue a bu son sang, elle est tombée de travers sur le corps de ma soeur, son corps s'est débattu encore un peu des minutes des heures d'impuissance à la regarder mourir sans rien faire rien dire..."
Oui, je peux écrire des cauchemars d'une autre vie, je peux crier pour ceux qui souffrent, je peux.
Ces grands types cravatés, à l'abri derrière leur carrière peuvent bien cracher leur bile.
Je ne savais pas que lorsqu'on écrit, la boue se retourne en nous, que l'on mente ou que l'on dise vrai, tout secoue.
Je ne sais pas si ce métier est pour moi, chaque jour je me sens si à l'envers de tout.
Me détruire pour construire, j'ai toujours fait ça...
Cette énergie qui vient du bout du bout, du bout de tout.
Est- ce qu'elle me tiendra encore longtemps debout ?
Photo de Sylvain Lagarde
Publicité
