Pourquoi les chaussettes vont elles toujours par trois ?

Publié le par Semeuse

La réponse à toutes ces questions existentielles ici...J'aurais pu mettre aussi: est ce que le noir est vraiment noir ?...c'était peut-être plus ...clair ?!!!!
Les interviews de Soulages sont pleines d'enseignement.... je sais, c'est un peu difficile si on n'est pas intéressé par la peinture, mais ne vous sentez pas obligé de lire tout...il n'y aura pas d'interro...c'est juste ...pour partager une réflexion sur ce qu'est peindre aujourd'hui.
Sachez que Soulages est un peintre contemporain qui ne peint (à ma connaissance ) que des toiles en noir...tout noir, sans rien d'autre que du noir, partout.
Pourtant, il aime Rembrandt...allez comprendre.
Peut-être qu'il n'y a rien à comprendre!

Extrait:

"Pierre Encrevé : Indiscutablement, un des rapports entre votre œuvre gravé et votre œuvre peint, c'est le rôle de la lumière, la lumière qui surgit dans le cuivre troué avec le blanc du papier, la lumière qui surgit sur l'huile noire, soudain, par reflet. Dans le vitrail, à Conques, on retrouve évidemment ce travail avec la lumière. Votre instrument majeur et, en même temps, ce que vous cherchez et ce que vous trouvez, c'est la lumière.

Pierre Soulages : D'ailleurs, dans l'exposition que j'ai en ce moment au musée de l'Ermitage, il y a des exemples des trois manières que j'ai eues de créer une lumière picturale, c'est-à-dire une lumière qui n'appartient qu'à la peinture, qui vient de la peinture. Dans un premier temps, souvent par le contraste des fonds clairs avec le noir, des couleurs sombres s'éclairent parce que je les rapproche d'une couleur encore plus sombre qui est le noir. Ou bien, deuxième période, celle où je superposais plusieurs couleurs, que je recouvrais après avec le noir. Ensuite en arrachant, en amincissant la couche noire, la couleur réapparaissait, transformée par le passage du noir. Il y a quelques toiles aussi à Saint-Pétersbourg qui correspondent à ces recherches, quelques rares toiles. Puis, finalement la période qui est celle dont je viens de parler, qui est la période « outrenoir », où je travaille avec un pot de peinture noire, mais où ce qui me guide et ce qui apparaît quand on regarde les toiles — si on les regarde non pas avec ce que nous avons dans la tête, mais avec nos yeux —, c'est la lumière reflétée par le noir, transformée par le noir. Il y a aussi à Saint-Pétersbourg des peintures, tout à fait récentes, dans lesquelles je reviens à l'utilisation du contraste du blanc avec le noir, mais d'une autre manière qu'à mes débuts. Je suis conduit à parler de cette exposition parce qu'elle présente finalement, en simplifiant, toutes les utilisations picturales du noir dans ma peinture depuis cinquante ans.




Pierre Encrevé : Vous évoquez l'Ermitage, cela m'amène à vous demander de nous dire un mot de la question de la hiérarchie. Vous avez souvent dit — et cela me paraît très important parce que moi-même, si je ne l'avais pas lu dans vos déclarations, je n'en aurais pas été sûr —, vous avez souvent dit qu'il n'y avait aucune hiérarchie entre l'œuvre peint, l'œuvre gravé, l'œuvre lithographié. Dans votre travail, vous avez à chaque fois un rapport avec le matériau et l'instrument, rapport dans lequel vous cherchez, vous inventez, vous trouvez, et c'est cela qui compte sans qu'il y ait pour vous aucune hiérarchie d'importance entre une gravure, une peinture sur toile ou un brou de noix sur papier. Et, ce qui m'a beaucoup frappé, quand nous parcourions ensemble les salles de l'Ermitage, c'est votre remarque, devant les peintures de Rembrandt, qu'au fond, c'était un très grand peintre, mais que c'était encore un plus grand graveur.

Pierre Soulages : C'est vrai. C'est vrai que je préfère les gravures de Rembrandt à ses peintures. C'est ce que j'ai ressenti encore récemment à l'Ermitage. J'étais peut-être dans des dispositions d'esprit, ce jour-là, qui n'étaient pas celles où je pouvais être ému par le côté souvent sentimental de la peinture de Rembrandt. Et je ne sais pas si cela en est la cause, mais effectivement, il y a là une quantité de Rembrandt superbes, mais j'aime beaucoup, j'aime particulièrement ses eaux-fortes, et ses lavis. Cela tient peut-être aussi à ce que mon amour pour Rembrandt est né d'un lavis dont j'ai vu la reproduction quand j'avais seize ans dans un petit opuscule publié par la radiodiffusion scolaire — il n'y avait pas la télévision à l'époque. En même temps que l'émission, paraissait une petite revue. Je n'ai jamais entendu l'émission qui correspondait, mais j'ai vu la revue. Il y avait la reproduction d'un lavis de Rembrandt — La Jeune Fille endormie, conservé au British Museum — qui a été décisive pour moi. Mais ça, je l'ai souvent raconté.

Pierre Encrevé : Je crois qu'une nouvelle fois s'impose...

Pierre Soulages : C'est un lavis qui représente une femme à demi-couchée en robe d'intérieur, et un jour (j'aimais beaucoup ce lavis), j'avais laissé cette revue ouverte sur ma table, il y avait du désordre, un cahier en avait recouvert une partie et cachait la tête de la femme, ce qui fait que, brusquement, je me suis mis à aimer ce que je voyais beaucoup plus encore que le lavis tout entier. Il suffisait de cacher juste une petite partie de ce lavis et brusquement, ce qui était les plis d'une robe n'était que des coups de brosse. Il y avait un rythme qui naissait, beaucoup plus apparent que lorsque ces coups de brosse étaient représentatifs d'un pli. Il y avait des clairs qui changeaient parce que la densité, le rythme des coups de brosse, les modifiaient, et je trouvais cela très beau. Ce jour-là, j'aurais dû inventer la peinture abstraite, mais je n'en ai pas eu ni l'imagination ni le courage, c'est beaucoup plus tard que j'ai compris que déjà à ce moment-là, j'étais orienté vers une peinture que l'on appelle abstraite. Je dis : que l'on appelle abstraite, je trouve le mot désastreux, mais enfin... "



Il y a tant de façons de peindre, chacune pouvant paraître hermétique aux autres...
Peu importe la manière, on peut aussi bien s'exprimer en coloriant des maisons, qu'en assemblant un christ avec des hommes qui lévent l'index vers le ciel...
Ce qui compte c'est s'exprimer...
Ensuite?
Ensuite advienne que pourra.
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Publié dans Peinturlure

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S
Les discours sont souvent intéressants ... Le travail lui, ne fait pas mouche à tous les coups, quoique not' Soulages n'a pas de quoi se plaindre ...
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C
pour finir avec cet article, j'ai été voir sur le net ce que faisait P.Soulages, biensur il faudrait voir en live, son discours est intéressant...
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S
Une quatrième chaussette ? ! Ah non ! Tu fiches tout mon raisonnement par terre (rires)...<br /> "Intellectualisation", j'ai pas mal cogité sur cette notion ... <br /> Que le spectateur se projette? Ah oui, mais non, moi je ne suis pas d'accord pour que mes projections privées passent dans le domaine public !!<br /> Mouais, on ne refera pas le monde de l'art... ;)<br /> Dans tous les domaines de toute façon, seule la sincérité compte.<br /> C'est là qu'on peut se tromper.
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C
il faudrait une quatrième chaussette pour le contemporain, le peu que j'ai vu m'a laissé dubitatif, sous la soit disante intelectualisation de l'art certains pour moi font du "foutage de gueule", mais j'ai vu aussi des choses qui m'ont attiré...tout dépend aussi de l'état d'esprit dans lequel on se trouve au moment de la vision de ces oeuvres...
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S
J'ai vécu un peu la même chose... Je me disais comment des gens aussi sympas peuvent-ils faire de l'abstrait?!... Et puis, ils m'en parlaient, les yeux brillants... étrange. Alors j'ai commencé à lire des biographies, Rothko, De Srael, Miro, malevitch...etc...et là, mon regard a commencé à être plus indulgent.
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