DEPASSEE
Je voudrais passer le stade où je voudrais peindre aussi bien qu'un autre, trouver qui je suis là dedans tout au fond des boyaux de la vie, écouter la petite voix du dedans et entendre autre chose que des cris, je voudrais aller de l'avant, arrêter de ramer en rond, de créer ce tourbillon où je me noie.
Je voudrais peindre mieux qu'hier et non pire, de pire en pire, non, c'est pas ce qui était écrit dans le contrat, dans le contrat ils disaient si tu bosses, ça vient, que dalle y'a rien qui vient, rien ne tient, tout s'en va, l'eau entraîne les pigments et mes illusions dedans.
Je voudrais peindre mieux demain, maintenant tout à l'heure et quand je désespère, je ris, je ris, à quoi bon, à quoi bon?
Je voudrais faire des choses moins difficiles, mais quoi? Je ne sais rien faire d'autre, non, rien, vraiment, je vous jure, que ça ou peindre les murs, ou forçat.
Je voudrais que les cris deviennent de la musique, de la musique qui coule sur le papier mouillé comme une joue de larmes.
Je voudrais que ce ne soit qu'une question de travail et de temps...oui, travailler tout le temps, mais à la fin être content, un peu, rien qu'un peu.
Je voudrais tout le temps si j'étais sûre, mais rien n'est sûr jamais et les artistes tombent par les fenêtres ou sont noyés de chagrin ou d'alcool ou des deux.
Je voudrais savoir pourquoi je me demande ça à moi-même, moi qui suis si petite et ne connais aucune réponse, que des questions, tu sais, que des questions qui sortent.
Je me tiens trés fort au bord de la fenêtre et là, en fermant les yeux, je vois, je le vois ce paysage à peindre du dedans. Pourquoi il ne veut pas sortir? Il est coincé, je vous le dis bien coincé.
Léo Férré dit "la marée je l'ai dans le coeur" moi aussi, moi aussi je sais ce que ça veut dire.
Ca veut dire qu'on ne peut jamais tomber même quand on le veut sans vouloir qu'on n'en peut plus et qu'on ne sait plus du tout vouloir.
On ne peut jamais tomber.
N'est-ce pas l'essentiel?
Alors on tient debout, comme ça, comme une quille.
Ce paysage derrière la vitre comme une aquarelle, et moi, les mains dessus, mes mains sales dessus, mes sales mains.
Quand j'aurai du temps j'irai, j'irai retremper les doigts dans l'eau.
L'eau qui m'aime et que j'aime.
Celle qui m'a bue.
Il y a un an j'écrivais ça...Je ne tomberai plus là-dedans...c'est si ...pathétique !!
Je voudrais peindre mieux qu'hier et non pire, de pire en pire, non, c'est pas ce qui était écrit dans le contrat, dans le contrat ils disaient si tu bosses, ça vient, que dalle y'a rien qui vient, rien ne tient, tout s'en va, l'eau entraîne les pigments et mes illusions dedans.
Je voudrais peindre mieux demain, maintenant tout à l'heure et quand je désespère, je ris, je ris, à quoi bon, à quoi bon?
Je voudrais faire des choses moins difficiles, mais quoi? Je ne sais rien faire d'autre, non, rien, vraiment, je vous jure, que ça ou peindre les murs, ou forçat.
Je voudrais que les cris deviennent de la musique, de la musique qui coule sur le papier mouillé comme une joue de larmes.
Je voudrais que ce ne soit qu'une question de travail et de temps...oui, travailler tout le temps, mais à la fin être content, un peu, rien qu'un peu.
Je voudrais tout le temps si j'étais sûre, mais rien n'est sûr jamais et les artistes tombent par les fenêtres ou sont noyés de chagrin ou d'alcool ou des deux.
Je voudrais savoir pourquoi je me demande ça à moi-même, moi qui suis si petite et ne connais aucune réponse, que des questions, tu sais, que des questions qui sortent.
Je me tiens trés fort au bord de la fenêtre et là, en fermant les yeux, je vois, je le vois ce paysage à peindre du dedans. Pourquoi il ne veut pas sortir? Il est coincé, je vous le dis bien coincé.
Léo Férré dit "la marée je l'ai dans le coeur" moi aussi, moi aussi je sais ce que ça veut dire.
Ca veut dire qu'on ne peut jamais tomber même quand on le veut sans vouloir qu'on n'en peut plus et qu'on ne sait plus du tout vouloir.
On ne peut jamais tomber.
N'est-ce pas l'essentiel?
Alors on tient debout, comme ça, comme une quille.
Ce paysage derrière la vitre comme une aquarelle, et moi, les mains dessus, mes mains sales dessus, mes sales mains.
Quand j'aurai du temps j'irai, j'irai retremper les doigts dans l'eau.
L'eau qui m'aime et que j'aime.
Celle qui m'a bue.
Il y a un an j'écrivais ça...Je ne tomberai plus là-dedans...c'est si ...pathétique !!
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