L'encre coule à nouveau dans le stylo
Rendez-vous obligatoire tous les soirs et tous les matins avec cette fureur d'écrire qui m'habite à nouveau. Je dresse maladroitement la pyramide de mes priorités, pharaone mourrante dérisoire de ses funéraires amours. La dernière pierre sera pour lui, ce sera un joyau de jade ou de cristal, un morceau de verre que la mer a poli gentiment. Ensuite viendront tous ceux que j'aime et qui m'aiment , ils danseront et chanteront parce que je ne peux exister sans eux ni sans la musique de leurs coeurs, de leurs souffles, de leurs cils. Hier, j'ai quitté mes élèves pour m'enfermer encore un peu dans ce monde intérieur qui m'abrite et pour tirer de mes liquides poussières colorantes quelques tableaux qui crieront que je suis encore vivante. Je me battrai contre les flots, les larmes et les feuilles humides, contre les couleurs qui glissent avec quelques dérisoires armes, des petits batons de poils taillés en biseau, en brosse ou en pointe. En ce moment, je ne dors presque plus. Je peins mes tableaux la nuit et le jour je pense à eux comme à la rumeur d'amis lointains qui se rapprochent. Je mets en place cette composition musicale, où ce qui compte ce sont ces notes plus hautes "highlights"ou plus profondes et qui conduisent les autres. Il manquera à tout cela à la fin les promeneurs égarés qui viendront m'exposer à leurs jugements. Ils diront la même chose toujours. Ah oui, c'est elle, mais pourquoi a-t-elle changé de nom ?... celui qu'elle porte est si joli. Que savent les gens de la responsabilité que l'on porte avec un nom provocant comme l'éternité ? Je préfère en inventer, pardonnez moi, et rêver un instant que je peux être cette écuyère légère dansante sur un cheval noir comme l'ennui. je préfère inventer pour vivre, c'est mon défaut principal, et je le cultive.
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