Facteur Pégase
Les hommes marchent sur des passerelles tendues sur le vent. Ils passent tout éveillés entre le monde de leurs rêves et celui du rêve des autres.
Je suis un dragon bleu scintillant comme la nuit, venu dans ce monde où une voix m'appelle.
Je vole et je vois des hommes tituber la nuit au milieu des chemins sur des lignes blanches qui ne les mènent nulle part. Ils se cognent sur des vitres trop polies qui ne leur renvoient même plus leur reflet. C'est vrai que les femmes n'aiment pas la poussière.
Je vole alors plus loin, et j'aperçois à travers les hauts murs munis de barreaux, des infirmiers en blouse blanche qui tentent de relever une femme à terre. Ses jambes ne la portent plus. Elle a tenté de s'enfoncer deux crayons dans le nez.
Je repars et regarde avec quelle habileté cette fille, treize ans à peine, roule cette cigarette, russe comme la roulette du même nom. Elle s'échappe. Déjà, je ne sens plus son haleine douce et mentholée.
Il la regarde bien droit dans les yeux en mentant. Elle est heureuse, il a de si beaux yeux, les mêmes qu'elle. Il est son père. Enfin, c'est ce qu'elle croit.
La vérité fait parfois trembler si fort, qu'alors rien ne peut plus nous arrêter.
Je chante doucement la chanson qu'on me chantait autrefois. Je ne sais pas si ça vaut le coup que d'autres l'entendent, alors je chante quand même. Peut-être sommes nous lâches de ne vouloir que notre bonheur.
Au fait on dit un facteur cheval et des facteurs chevaux?
La liberté fait parfois si peur .
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